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Compte-Rendu Ironman Klagenfurt 29/06/2014 - Patrick Delmelle

publié le 16 août 2014 à 00:36 par Vandiest Thomas   [ mis à jour : 18 août 2014 à 03:45 ]

IM KLAGENFURT  29juin 2014

Mon premier Ironman , une extraordinaire aventure sportive et humaine.

I.  Avant propos.

Calypso, printemps 2008, couloir 3 : je nage paisiblement la brasse coulée , quand , jaillit soudain des flots agités de la piscine, une sorte de requin des mers du sud , moustachu et en combi… !il m’accoste sans crier gare et m’interpelle !

Extraits de l’interpellation :

Jack (jaws ou Jacques Wiame pour les intimes) : « Mais Patrick !!!, tu nages !!! »

Moi :  « Ben oui, j’aime beaucoup la natation »………… (bref moment de stupeur dans le regard de Jacques, du genre « y en a qui aiment ça…. ???!!!)

Jack : « Ok super !!!, reste à faire un peu de vélo et tu peux te mettre au triathlon !!! » (autre moment de stupeur, dans mon regard cette fois …. ». Ce type est complètement dingue,  il ne m’a pas bien regardé ou quoi ??? 58kg tout mouillé (voilà, c’est dit…) et la peau presque sur les os »).

Moi : « QUOI ????!!! du triathlon !!!, mais jamais de la vie , c’est un sport de malades , très peu pour moi, d’ailleurs  je ne sais pas faire une longueur en crawl sans devoir m’arrêter,  à bout de souffle, de plus, inscrit au Gal depuis 4 mois , mon objectif est seulement d’améliorer mon temps sur 20km et en plus je déteste faire du vélo et d’ailleurs, je n’ai pas de vélo !!! (là je pensais vraiment avoir marqué un point, si pas deux !!), alors, ne me parle pas de triathlon c’est vraiment pas mon truc ».

12 mois plus tard…, je terminais mon premier 1/8 de triathlon, après 14 mois mon premier ¼, après 18mois mon premier semi triathlon à Gerardmer, 4ans plus tard je débutais un entrainement pour un premier Ironman. Aucune personnalité, le gamin !!

Le déclic mental pour envisager de faire mon  1er Iron… ??? : quand j’ai vu l’état de «  fraicheur » dans lequel Catherine Avenati a terminé son premier Iron à Roth. Je me suis dit, avec une bonne préparation tout est possible !!

II. La préparation.

 Vichy, 19 aout 2012, 4h30 du matin, je viens d’apprendre l’annulation de mon Ironman pour cause de canicule. Je suis mentalement cassé. Environ un an et beaucoup de frustration plus tard,  nous sommes en septembre 2013, je décide de retenter le coup en répondant avec enthousiasme au projet du club d’organiser une  « sortie club » à l’IM de Klagenfurt en juin 2014 .

Klagenfurt : c’est un peu la Mecque des Ironman en Europe, un très bel endroit en Autriche avec son lac alpin le plus chaud d’Europe ( aie …) et surtout son parcours vélo TRES ROULANT …et une cap dès plus plates. Bref idéal pour un débutant.

Nous sommes neuf au total, au début du projet,  à nous lancer dans l’aventure : Véréna Regenberg, Marc Evrard, Thierry Vuye, Igor Ballez, Didier Forrest, Marc Warnier, Thierry Marinet , Philippe Colson et moi-même. Au fil du temps et des entrainements, seuls les 5 derniers cités effectueront le déplacement à Klagenfurt.

Les autres, malheureusement, qui pour des raisons professionnelles, qui pour blessures encourues pendant la préparation, devront déclarer forfait.

Me voilà donc lancé dans la grande aventure! Je débute mes entrainements spécifiques IM,  au début du mois de janvier. L’objectif en théorie est d’augmenter progressivement en volume, pour atteindre un maximum,  3 à 4 semaines avant le jour J, pour finalement en arriver à un repos total relatif…les 9 derniers jours (un régal !!!)

Au début de ces 6 mois de préparation je me suis inscrit dans une salle de musculation,(qui a dit que ça ne se voyait pas… ??) afin d’y effectuer des exercices de musculation ( ?!) dit « qualitatifs » (à opposer à quantitatifs= gonflette) des cuisses (vélo) et des bras (natation). Le principe est de lever ou de pousser de très lourdes charges à de faibles fréquences (ex :5x (5x230kg ) dans le travail de la presse). Je profite d’ailleurs de l’occasion pour remercier vivement Jonas Wallens de m’avoir soutenu par l’envoi des ces exercices de « torture » terriblement efficaces. Deux stages de triathlon sont venus ponctuer mon chemin vers Klagenfurt : le premier pendant les vacances de Pâques organisé par le RCBT à Canet en Roussillon ou nous attendait entre autres  une magnifique piscine découverte de 50m. Le  second avait lieu début juin dans le Jura soit 4 semaine avant l’échéance ; il fut mis en place de main de maître par Pascal Stricker (ex RCBT de retour en France) pour qui Klagenfurt serait aussi une première. Il est clair que ces 6 mois de préparation n’ont pas été que « pur plaisir ». A l’accumulation de la fatigue physique sportive et professionnelle  vient s’ajouter une lassitude mentale. Vous traversez des périodes de frustration dites « sociales » (plus le temps d’aller au ciné de faire une petite bouffe entre amis, de prendre un bouquin à l’aise…, plus le temps de souffler quoi !!!). L’organisation de votre journée se construit autour de vos différents entrainements à placer avant ou après vos heures de travail et de repos !!  et oui le repos !!! C’est un élément essentiel,  à ne pas sous-estimer. Heureusement on s’entraine rarement seul, il y toujours quelqu’un de solidaire pour « souffrir » ou partager votre hobby. Ce qui contrebalance grandement les exigences et les renoncements qu’impose cette préparation et rend le triathlon, somme toute, très ludique et en fait,  un sport très social. C’est aussi une des raisons qui me font tellement apprécier ce sport. Je profite d’ailleurs de cet exposé pour remercier,, de tout  cœur , vraiment, tous mes compagnons d’entrainement qui m’ont si sympathiquement  supporté. Je pense évidement à jacques Wiame (mon coach en chef), Christian Van Rechem,  Didier Vaneberg, Didier Forrest, Louis et Isabel Lechat, Meni Piret, Matteo Pedrini, Thomas Van Diest et Pascal Stricker.(que ceux que j’oublie me pardonnent…).

Arrivé  fin juin, peu avant le  jour «  J » j’avais couru, en 6 mois,   j’ai couru 731km, nagé 143 km et pédalé 3683 km, soit un total, muscu comprise,  de 290 heures de sueurs et d’efforts ! Suis-je prêt ? N’en n’ai-je pas fait trop ou trop peu ? Les dernières semaines , mes sensations vélo n’étaient pas bonnes, je me sentais moins ‘fort’ qu’en 2013, mes sorties natation en eau libre à Hazewinkel n’étaient pas  rassurantes non plus… Bref le doute s’installe, l’anxiété, le stress, une certaine angoisse vous envahit… Serai-je capable de terminer une telle épreuve, suis-je fais pour cela? Tout « le monde » en est convaincu, sauf moi !!! Et puis zut après tout je ne suis pas là pour être champion du monde, je vais tenter de le faire avec ce que je suis, mes qualités et mes faiblesses. Je veux et j’espère vraiment pouvoir m’y amuser ! C’est pour cela qu’on fait du sport, non ? Allez !!!  Que l’aventure commence, j’ai hâte !!!     

III.  la compétition.

Jeudi 26 juin, départ pour Klagenfurt, Jacques,  Didier et moi-même faisons route ensemble.(la présence de jacques –mon entraineur depuis 5 ans-  est pour moi psychologiquement  et amicalement importante, je tenais à sa présence là-bas, ne fusse que pour porter mes bidons… ). 1150km et 13 heures de route plus tard, nous voilà installés dans notre bel hôtel, réservé par Dimitri Qamar notre spécialiste « team organisation RCBT » (merci à lui).

Les 2 jours suivants sont consacrés à la récupération des dossards,  à la visite du village IM, à la reconnaissance du parcours vélo en voiture. (ce dernier nous parait d’ailleurs  nettement moins roulant qu’annoncé…, les moyennes sont revues à la baisse… et mon optimisme chancelle…). La veille, J-1, Pascal et moi partons goûter  l’eau du lac et repérer les bouées au large ; 20 min de réveil musculaire qui me font du bien, l’eau  à 23c° est délicieuse et transparente, ça se présente bien… L’effort sportif de ce jour se termine par 10 min de càp en mode très relax. Pour le reste,  repos, sieste, et surtout aussi bien manger avec un complément de 1,25l de malto les 3 derniers jours et quelques pastilles de sel  la veille et le jour de la compèt ( incontournable pour ma part).

29 juin 2014, 3h30 du mat, le réveil sonne !!! Ca y est, « C’EST LE GRAND JOUR » !! La nuit n’a pas été bonne, le stress que j’arrivais vaille que vaille à maitriser jusque là,  m’a insidieusement submergé … quel salaud !!

Bon, il va falloir se secouer! Les dizaines de sms d’encouragements reçus la veille m’aident à fond (Mille mercis à tous ces bienveillants, leurs messages  m’ont été droit au coeur), ne rien oublier : mes 2 bidons, mes gels pour le vélo, mon chip (j’ai dormi avec… !!), ma crème chauffante et ma vaseline pour la combi, mon bonnet et mes lunettes ! C’est  bon tout est en ordre.

4h20, petit déjeuner à l’hôtel, la tension est palpable, la plupart des convives sont déjà dans leur bulle ; J’ai du mal à avaler quoi que ce soit, j’ai comme une boule au ventre, mais je me force ! Je me prépare  2 sandwichs pour la partie vélo.  Je compte les mettre, en compagnie de mes gels, dans mon deuxième bidon dont Jacques m’a fait découper la partie supérieure pour faciliter l’accès de ma main (Aaah !!! le conseil des anciens, c’est irremplaçable).

5h, un bus nous emmène  au parking vélo ; des centaines d’athlètes s’affairent déjà !il faut vérifier l’état du vélo,  déposé la veille, contrôler les pneus,  sont-ils toujours bien gonflés? le compteur  est-il mis à zéro ? les freins sont-ils  bien  

fermés ? Ok, tout roule ! C’est déjà du stress en moins ! Un dernier regard vers ce vélo, prendre ses repères afin de le retrouver au plus vite à la sortie de l’eau, ok pour moi c’est la deuxième rangée à gauche au milieu de l’allée (il faut pouvoir s’imaginer, la complexité à retrouver son vélo parmis 3500 autres en pleine compèt, mieux vaut prendre ses précautions…).  Il reste moins d’une heure, il est temps de se rendre gentiment vers le point de départ afin de s’y préparer. Mettre de la crème chauffante et  de la vaseline aux poignets, aux chevilles et sur le cou, enfiler sa combi et prendre un gel antioxydant.

7h, un premier coup de canon éclate, ce sont les pros et près de 600 concurrents bons nageurs qui s’élancent déjà dans une première vague. Il nous reste 15 min !!! Chacun se répartit au niveau de la ligne de départ, (nous n’avons malheureusement pas le droit d’entrer dans l’eau et d’y tester nos lunettes ou d’y faire quelques longueurs). Contrairement à mon habitude, j’ai choisi de me placer complètement à droite de la vague, soit au plus loin des bouées, ce qui,  je l’espère, me permettra de nager plus à l’aise !! quitte à allonger la distance. Il reste une fraction de seconde,  la tension est à son maximun, je tente de contrôler mon rythme cardiaque, je respire lentement et profondément….mais suis au taquet et très très ému  !! Ca y est, je vais enfin pouvoir vivre mon premier IM !!

7h15, BOUM !!!! C’est fait, près de 2800 fauves sont lâchés et se jettent dans le lac. Je m’empresse de faire comme eux ! Après 200 à 300m de bousculades, de chevauchements  et d’autres coups inévitables au milieu de cette marée humaine, je commence à trouver ma place et arrive à me frayer une voie tout à droite de la meute  ou je peux enfin nager seul ! Un vrai régal, je trouve mon rythme, mes sensations sont bonnes, j’ai l’impression de bien avancer !! Un vrai  plaisir !!! La première bouée située à 1220m,  est me semble-t-il,  rapidement dépassée ! 2 repères et quelques bouées plus loin, j’entame déjà le dernier kilomètre en entrant dans une sorte de canal de 10m de large ou une foule de spectateurs vous acclament et  vous encourage ! Je me sens super bien et veux même accélérer, mais l’étroitesse du lieu  m’en empêche, il y a trop de monde au m2 !! Le portique d’arrivée est en vue, un dernier coup de reins au milieu des nénuphars et je bondis hors de l’eau…. en 1h09’ !!! Je n’en crois pas mes yeux ! C’est pas possible, c’est trop génial, je n’ai jamais nagé aussi vite! Ça me donne un coup d’adrénaline indescriptible, une sensation d’euphorie extraordinaire!

Je parcours les 300m de transition, hilare et heureux d’en finir avec ce premier volet du triptyque !

J’arrive au parking vélo, il me faut 7min pour me changer, sécher mes pieds, prendre un premier gel que j’avais laissé dans mon sac de transition,  pisser dans une cabine, chercher mon vélo qui n’est pas à l’endroit ou je pensais  le retrouver… ( On appelle cela un manque de lucidité…)

La deuxième partie de cette formidable aventure débute alors. C’est celle que j’appréhende le plus .Le vélo est mon point faible et je crains d’être mort au bout des 180 bornes à effectuer sur 2 boucles de 90km avec 1900m de dénivelé au total. Le mot d’ordre est ‘ DE NE JAMAIS SE METTRE DANS LE ROUGE’. C’est ce que je m’applique à faire avec obstination et sans concession. Et ça marche, je contrôle au maximun mon taux d’adrénaline qui m’ordonne d’accélérer, les sensations sont très bonnes, ‘tout  roule quoi’ !! Le parcours qui nous avait semblé, l’avant-veille, difficile et exigent, l’est finalement  beaucoup moins !! A nouveau je n’en crois pas mes yeux, ma moyenne après un premier tour dépasse les 30km/h – pour moi c’est excellent, j’avais plutôt misé sur du 27km/h - J’exulte ! J’en ai vraiment les larmes aux yeux. Je réalise à quel point j’ai la chance de pouvoir être là, en pleine santé et de participer à un tel événement. La foule pârfois compacte, qui s’amasse le long du parcours et tout spécialement dans les côtes un peu spectaculaires (comme au tour de France), le tout agrémenté d’une sono bien rythmée avec des « simply the best »   tonitruants  dans vos oreilles  ne va pas calmer mon enthousiasme !! Assurément ça vous donne des ailes et un fameux ‘ kick’ de derrière les fagots !!!!!!  Evidemment,  cela ne m’empêche pas de me faire  souvent dépasser (par Pascal d’ailleurs au 26e km, c’est chouette pour lui, il a l’air bien, le temps de se saluer de s’encourager et il est déjà loin…), mais ce n’est pas grave, je reste concentré et ne m’emballe pas.  Le deuxième tour se passe aussi bien, je continue à bien me nourrir, -c’est  indispensable-, de bananes,  de barres, d’abricots, de fruits secs et de gommes de coca (cola !!!), seules quelques  belles averses orageuses viennent nous rincer et me poussent à bien ralentir dans les descentes. Le vent s’est aussi invité sur la fin, je perds de la vitesse et de la fraicheur mais les jambes tournent encore bien et je ne souffre pas ! 5h56’ plus tard je termine la partie vélo en pleine confiance  et  super content. Jack, que J’aperçois pour la première fois, m’encourage énergiquement et me crie que ‘c’est super !!’ que j’ai près de 10 min d’avance sur les meilleurs pronostics !! Mon taux d’adrénaline s’affole une nouvelle fois !!! Quel plaisir !!, quel plaisir !!

 La transition càp se passe bien, le temps de changer de chaussettes et de se sécher les pieds, et oui, tout de même, courir les pieds au sec, pour ma part, c’est pas du luxe !!

C’est maintenant que commence réellement mon ironman !!! C’est l’instant que j’attends depuis de longs mois ! Dans quel état de fraicheur vais-je débuter la dernière partie de ce triptyque, la course à pied qui est censée être mon point fort ?? Comment mon corps et ma tête vont-ils réagir et traverser cet ultime effort de 42 km ??

Un seul mot d’ordre : »NE PAS PARTIR TROP VITE !!! »  des rcbtistes d’expérience comme Jacques et Philippe Schelkens me l’ont martelé à maintes reprises. Il ne faut pas s’inquiéter, c’est  littéralement gravé dans ma mémoire !! Et s’est ce que je vais faire !! Je freine « à fond », les jambes semblent bonnes mais je freine !! Le but, partir en 5’20 du km et accélérer très doucement… ! Bon !  Ce n’est pas simple à vérifier avec un kilométrage peu réaliste ! Le parcours est très plat et forme un genre de 8  aplati qu’il faut parcourir 2 fois en partant du milieu ! Le seul avantage de ce genre de parcours est de pouvoir croiser régulièrement vos camarades suants et de s’encourager mutuellement, pour le reste et pour ma part c’est une véritable torture mentale dont je me passerais volontiers !

 Peu après mon entame du marathon je croise  déjà Pascal qui court comme un lapin, il à l’air super frais et déjà une belle avance. Tour à tour apparaissent  Philippe Colson  qui vole, Didier Forrest, Marc Warnier…mais nulle trace de Thierry Marinet…

Vers le 10e km, le soleil nous refait son retour et la température grimpe rapidement, il doit faire  autour de 27c° ! C’est chaud mais personnellement je supporte assez bien ; Je continue à boire en alternance boisson isotonique et eau pure ; Jusqu’au 15e km, on va dire que …’ça va…!!! ’ A partir de là , commence pour moi la bataille mentale : avancer , km par km , sans jamais penser aux 27 bornes qu’il reste à parcourir, bien rester concentré sur mon sujet , ne pas oublier de prendre un gel toutes les 30 min , même si mon estomac n’a plus envie, une fois du ‘red tonic’ , l’autre fois  un petit  ‘coup de fouet’. Je passe mon temps à calculer, vais-je pouvoir terminer en moins de 11h…comme Jacques me l’a prédit? (Un temps au-delà de mes rêves les plus fous !!!). En terminant la partie vélo, il me « restait » 3h42 pour atteindre cet objectif ; Mon coach ayant misé sur un temps marathon inférieur à 3h35, ça devait pouvoir le faire !! Je suis en train de vivre un véritable rêve éveillé !!! Il faut donc TENIR !! TENIR !!TENIR !!! Ne pas craquer, tenter de rester régulier et prudent jusqu’au 40e. Quand le panneau apparait, vous signalant qu’il ne reste  « que » 2 petits km, le cœur s’affole, l’émotion vous envahit à nouveau, mais ce n’est pas encore fini ! Ces 2 derniers km me semblent tellement longs!! « Allez Delmelle !!, on  ne se relâche pas, faut encore y aller, puiser dans ses réserves (quelles réserves ???). Je commence à accélérer, j’entends  la clameur de la foule sur la ligne d’arrivée, la sono qui approche à grand pas, il y a de plus en plus de monde, ça sent l’arrivée, oui j’y suis presque !!!! Je vais réussir mon premier IM, ça y est !! Il reste 200m, je viens d’apercevoir,  comme dans un mirage,  le panneau ‘FINISHLINE’ !!! Je vole,  je sprinte, à en perdre la raison vers cette foutue ligne d’arrivée !

 YES !!! Je l’ai fait !!! Je regarde ma montre… :10h56’ et des cacahuètes !!!! Je suis crevé, épuisé, soulagé, mais tellement heureux, ému et fier d’avoir réussi cette si formidable aventure sportive !

Une douche et de bons massages plus loin, je retrouve enfin  Jacques…mon entraineur,  qui me suit depuis mes débuts en triathlon, voici 6 ans déjà et là…,  je craque ! et  tombe littéralement dans ses  bras en pleurs! Comment le remercier de m’avoir permis de vivre de telles émotions sportives, comment le remercier de m’avoir entrainé dans cette aventure si unique ! C’est difficilement exprimables, je n’ai pas suffisamment de mots !!

Que retenir de cette formidable aventure ? D’abord,  qu’en étant  bien préparé, faire un IM, est tout à fait abordable et raisonnable !

Au-delà de la performance sportive, qui renforce votre confiance et qui vous éclaire sur vos réelles capacités physiques et mentales, je retiendrai surtout la magnifique expérience humaine vécue tout au long de la préparation, la saine solidarité entre membres du club, les mille et un encouragements reçus, l’expression d’une amitié vraie.

Je ne pouvais pas terminer cet exposé sans faire un gros clin d’œil à mon grand ami Marcel ,qui un jour s’est permis de me lancer le défi de courir les 20 km de Bruxelles ,pour mes 40ans… c’était en 2005 et c’est là, que tout a commencé pour moi ! Je lui en serai éternellement reconnaissant !!

N.B. des 5 partants RCBT seuls Thierry n’a pu terminer l’épreuve, ayant du abandonner sur chute ! Les autres ont tous vaillamment franchi  la ligne d’arrivée.


Patrick