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Compte rendu du triathlon des Titans par une novice

publié le 25 mai 2018 à 09:04 par Tom Vandiest

Un petit compte rendu du triathlon des Titans par une novice

Ce dimanche 20 mai a eu lieu le triathlon de Seneffe, dit des Titans, sous la chaleur torride du soleil seneffois et dans les vapeurs bactériogènes du vilain canal Bruxelles-Charleroi.

Pas moins de 24 RCBT-istes étaient présents pour l’évènement, que je vous conterai ici avec mes yeux de débutante, puisque c’était mon premier triathlon en solo.


Avant la course, le stress

Il paraît que c’est commun de stresser avant un triathlon. Mes principales raisons de flipper étaient : (i) d’être l’avant-dernière de la course avant un unijambiste (true story, je connais quelqu’un qui connaît quelqu’un à qui c’est arrivé), (ii) d’oublier de déclipser mes chaussures de mes pédales et de m’écraser à terre devant tout le monde dans un bide terrible et inoubliable et (iii) de crever ma chambre à air, parce que je prends 30 minutes pour remplacer ma chambre à air, et que l’opération est rarement couronnée de succès.

Et puis, accessoirement, j’avais peur d’attraper une bactérie dans le canal et d’avoir une gastro pendant une semaine, parce qu’il paraît que c’est déjà arrivé à un gars du club. Mais bon, ça s’avérait une perspective moins stressante que celles dont je viens de vous faire part. Même si je n’étais pas sans savoir que Syngenta exploite une usine pas loin de l’endroit où le triathlon aurait lieu, et une usine classée Seveso seuil haut en plus, berk.

Bref, toutes ces raisons m’ont amenées à être stressée pendant la semaine qui précédait le triathlon, et j’étais impatiente que le triathlon soit passé pour à nouveau cueillir le jour en toute quiétude.


Enfin le grand jour

Oudelali, enfin le dimanche est arrivé, porteur de la promesse d’être enfin délivrée de ce stress. Mais d’abord, il s’agissait de get shit done une bonne fois pour toutes.

Donc, à 11 heures précises, après avoir checké trois fois que tout mon matériel était prêt, et après m’être entraînée dans la rue, non sans égratignures, à clipser/déclipser mes pieds de mes pédales, je me suis enfournée une grosse assiette de pâtes insipides en rêvant aux bons pains au chocolat que je mangerais le lendemain au déjeuner. 11 heures précise, disais-je, pour m’assurer d’avoir fini de me sustenter au moins 3 heures avant la course. Psychologiquement parlant, ça m’a pas mal soulagée de bien suivre les instructions de la check-list compétition publiée sur le site du RCBT. Pour me donner un peu de contenance en plus, j’ai aussi veillé à bien couper mes ongles de pieds.

J’étais donc fin prête, time to go ! Le trajet jusqu’à Seneffe s’est passé sans encombre, en présence apaisante de Max et de Pierre qui étaient vraiment relaxed. Une fois sur place, on a pu constater que le soleil tapait bien fort. Le temps de chercher nos dossards, de mettre notre matos dans la zone de transition et de retrouver le reste de la fine équipe RCBT-iste (spécial big up aux filles et à leur zenitude rassurante), il a vite fallu se jeter à l’eau, pour que l’épreuve commence !!

Argh, mon stress était à son apogée, surtout quand j’ai constaté qu’on était seulement 28 filles, et qu’aucune n’était unijambiste, et que donc je risquais très sérieusement d’être non pas l’avant-dernière mais bien la dernière ! Heureusement, le dégoût que j’ai éprouvé en constatant que l’eau était si trouble que je n’y voyais même pas mes mains a vite écarté toute autre considération. En plus, l’ambiance derrière la ligne de départ était bonne, et les petites vannes et commentaires qui fusaient ont vite permis à l’amusement de prendre le dessus.

Bon et puis, voilà, ça a commencé, et tout s’est passé très vite, comme on dit dans les films. Au début, c’était la grosse ruée, le peloton a été serré pendant 2 minutes max et on se tapait un peu dessus comme lors des simulations faites aux entraînements de Thom. Et puis les nageuses se sont espacées et c’est devenu une vraie sortie « pour le plaisir » : l’eau était bonne, le ciel était bleu, et on pouvait prendre toute la place qu’on voulait pour nager sans stress. A un moment, j’ai perçu que la vagues des hommes me dépassait puisque l’eau qui était plate la minute d’avant s’est soudain transformée en mer déchaînée, mais je ne me suis pas noyée, et il a vite été temps de sortir de l’eau.

Ensuite, petit jogging vers la zone de transition, avec la tête qui tournait, le temps que mes oreilles internes retrouvent leurs repères. Combi enlevée, équipement de vélo enfilé, et hop, c’était parti pour trois tours de vélo. Dur dur de courir avec des chaussures à clips (certainement pire que de courir avec des chaussures à talons), mais grande satisfaction de réussir à clipser mes pieds dans les pédales. Le temps était radieux, les paysages plutôt sympas, ça montait et ça descendait (j’étais ravie d’avoir 27 vitesses dans les petites côtes) ; c’était tout bon. J’avais soif mais trop peur de tomber si je lâchais mon guidon d’une main, et de tomber avec les pieds calés dans mes pédales qui plus est. Finalement j’ai pris mon courage à deux mains et il s’est avéré très facile de boire. Par contre, pour manger, c’était autre chose. J’avais des pâtes de fruits emballées, et j’étais si stressée de tomber que j’ai chaque fois enfourné toute une pâte de fruits entière, sous peine de m’étouffer. A travailler à l’entraînement, ça. On notera aussi les encouragements des bénévoles, et le plaisir de croiser et recroiser des autres femmes et de s’encourager mutuellement à chaque fois.

Une fois le vélo fini, il n’y a plus qu’à courir ! Youpie, je jubilais intérieurement d’avoir réussi la natation et le vélo, disciplines qui n’intègrent pas ma zone de confort. Ca c’est fait !! Bèm bèm !! Forte de ce sentiment d’accomplissement, je me suis lancée sur le long et monotone ravel (2 x 2,5k aller-retour), bien exposé au soleil par endroit, et balayé par le pollen voletant (mauvais pour la pâteuse et les lentilles !). L’avantage de ce parcours, au moins, c’est que ça permettait de croiser les RCBT-istes courant dans l’autre sens, et guetter leur arrivée était une bonne distraction. La présence de Bilal et de Robin sur le parcours qui dispensaient leurs encouragements a aussi largement participé au fun de l’épreuve. Comme le parcours était plat, l’épreuve s’est avérée agréable, et j’ai donc bien profité du deuxième aller-retour qui m’amenait enfin vers la fin !


A moi les bières et les frites

Et voilà, j’ai franchi la ligne d’arrivée et j’ai pu me dire « Je l’ai fait !! » , héhéhé ! C’était un super challenge, d’autant plus chouette qu’il était partagé avec une bonne équipe. Une partie du plaisir a été de s’y préparer, mais le plus grisant a été, je trouve, de s’encourager mutuellement avant et pendant l’effort. Vive le RCBT !

NB : Dans les worth noticing, un thumbs up tout spécial à Max qui s’est profondément coupé une main et un pied sur un objet non identifié dans le canal mais qui a continué sa course vaille que vaille. Ca c’est du prési (ou du masochisme) !


Sarah V.

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